Financements de start-up : le grand écart s’accentue

Les tours d’amorçage ont le vent en poupe, à l’échelle mondiale. Et ce à l’heure où les financements de série A progressent peu. Signe qu’il devient compliqué de mener des projets dans la durée.

On ne répétera jamais assez que dénicher des capitaux pour financer des projets d’entreprise constitue un chemin pavé d’obstacles. Telle est pourtant la réalité, à l’échelle mondiale. C’est ce que révèle une statistique dévoilée par Preqin, en dépit de signaux résolument encourageants. Au rang des bonnes nouvelles : 1 313 tours d’amorçage ont été conclus dans le monde, entre le 1er janvier et le 19 novembre 2013, pour un montant de 1,1 Md$. Des chiffres qui surpassent de très loin ceux de la même période de 2011, puisque ceux-ci étaient de 788 deals et 633 M$. Cela étant, inutile de crier victoire. Au contraire.

Amorçage : +375%

Au regard des statistiques publiées, il y a même de quoi s’inquiéter de l’écart qui se creuse entre les tours d’amorçage et les financements ultérieurs. En effet, les premiers tours de table (série A) présentent une régularité dans le temps inquiétante. Sur la période de 2013 examinée, 872 deals totalisaient un investissement de 4,9 Md$ – contre 896 transactions et 5,5 Md$, en 2011. Le constat est sans appel : faute de trouver de quoi assurer la suite des opérations, il y a de la casse. D’autant qu’un tel constat vaut sur une plus longue période. Comme le souligne Preqin, le panorama a sensiblement évolué, sur la période récente :
entre 2008 et 2012, le nombre d’apports conclus à l’initiative de business angels et d’amorceurs a bondi de 375 %. En particulier du fait de l’intérêt qu’ils portent aux projets liés à Internet et aux logiciels. « Depuis le début de l’année, ces deux secteurs d’activité concentrent 62 % des montants investis en amorçage », pointe la note de l’institut d’études.

Un projet sur deux compromis

La situation est donc problématique : le glissement de nombre de VCs vers le late stage a fait des dégâts. « Traditionnellement, un projet sur deux ne parvient pas à passer la deuxième étape du financement, relève Preqin. Si la tendance mise en évidence en 2013 se perpétue l’an prochain, la proportion augmentera. » Cela étant, il faut noter que les deals signés outre-Atlantique pèsent dans les statistiques, du fait de montants supérieurs à ceux du reste du monde.

Par Franck Moulins