FIBAMY : Malgré une baisse au T4 en 2013, la capacité d’investissement “early stage” est bonne

ISAI vient de publier son rapport semestriel à propos de l’investissement des Business Angels dans les startups françaises. Issu de nombreuses sources mentionnant les levées de fonds des startups françaises, dont Maddyness, celui-ci retrace 2 fois par an, l’état de santé de l’investissement ”early stage” du secteur internet. Le FIBAMY (French Internet Business Angel Money Yardstick) a ainsi été créé suite au PLF2013 et au mouvement des Pigeons pour obtenir un indicateur objectif de l’activité “business angel” dans le secteur internet en France.

Revoir le rapport du premier semestre

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Après trois bons trimestres sur l’année 2013, l’investissement des business angels s’est fortement calmé lors des 3 derniers mois de l’année. Selon le président du fonds ISAI, Jean-David Chamboredon, plusieurs facteurs peuvent entrer en jeu, en précisant que cela n’a rien d’alarmant, surtout que dans l’ensemble, l’année 2013 reste une année très positive. En effet, les montants levés lors des tours de table ont augmenté de 48%. Même augmentation du côté du nombre de levées de fonds.

S’il est probable que cette baisse au quatrième trimestre soit le signe d’un “repos” naturel après les 9 premiers mois de l’année, il faut également regarder de près les résultats 2013, qui tranchent avec ceux de l’année 2012. Un regain de confiance en 2013, très probablement issu d’une dynamique post-Assises de l’entrepreneuriat.

Chamboredon y voit aussi un effet “Communication/Publicité”. La levée de fonds étant un moment important dans la vie des jeunes entreprises innovantes, elles ont sans doute communiqué plus largement en 2013 que les autres années. A ce titre, vous pouvez relire notre article “Pourquoi dit-on Bravo à une startup qui lève des fonds”?

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Après trois trimestres de forte hausse, les “business angels” se sont reposés au quatrième trimestre

D’autres aspects plus financiers viennent expliquer cette baisse sur la deuxième moitié de l’année 2013. Premièrement, “un « ras-le-bol fiscal » et la réception par les contribuables de leurs avis d’imposition (IRPP et ISF) en forte hausse par rapport à 2012 qui auraient calmé les ardeurs des « business angels »“. Second point, le flou entretenu par les autorités gouvernementales (projet de loi Hamon sur les cessions d’entreprises ou pour les parlementaires les amendements Eckert sur le nouveau régime de taxation des plus-values), qui aurait pu mettre en suspens des projets d’investissement en cours de discussion.

Enfin, le rapport fait également état d’une hausse des investissements réalisés via des plateformes de crowdfunding (Anaxago, Wiseed ou encore WeLikeStartup qui vient de recevoir le soutien du réseau de Business Angels Investessor), ayant permis à 7,5% des tours de table référencés dans le FIBAMY d’être réalisés ou complétés.

L’auteur du rapport rappelle toutefois qu’à PIB égal, l’activité “business angel” en France est 25 à 30 fois moins développée qu’aux Etats-Unis où elle constitue une force de financement supérieure à celle du capital-risque.

 Par Etienne Portais