« Cap-dév » : l’état d’urgence

A l’occasion de sa journée annuelle consacrée au capital-développement, l’Afic a diffusé quelques statistiques sur le marché, en général, et sur ce segment, en particulier. Des chiffres qui confirment l’impression laissée par une conjoncture morose.

 On le sait : le financement des PME non cotées est une précaution bien réelle. C’est d’ailleurs un point qui a conduit à la diffusion d’un message commun de l’Association 100 000 entrepreneurs, de Citizen Entrepreneurs, du Centre des Jeunes Dirigeants d’Entreprise, du Comité Richelieu, de CroissancePlus, de France Digitale et de l’Afic – au moment même où celle-ci organisait sa journée annuelle du capital-développement. Leur préoccupation commune, au moment où le gouvernement se penche sur le sujet : « l’absence de garantie de mécanisme permettant de s’assurer qu’une partie de [l’assurance-vie dirigée vers le financement des entreprises] soit dirigée vers le capital des PME non cotées ». Voire même la quasi-certitude que le phénomène contraire se produira.

Concrètement, les présidents des associations portées par une seule et même voix ont proposé de remplacer le quota de 33 % prévu par deux quotas, dans le nouveau contrat né de la réforme du code des assurances. A savoir :

  • Un minimum de 8 % pour le financement en capital des PME non cotées et de l’emploi
  • Un minimum de 25 % pour le restant des actifs concernés.

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D’aucuns pourraient trouver une telle revendication très partisane. Cela étant, les chiffres de l’Afic parlent d’eux-mêmes. D’autant qu’ils montrent que le capital-développement, segment du non-coté que l’on aurait pu croire préservé par la crise financière, fait presque figure de grand malade. La preuve : au premier semestre 2013, les investissements ont bénéficié à 381 entreprises – contre 482, au cours de la première moitié de l’année précédente. Soit 21 % de moins. En valeur, la glissade est encore plus prononcée : c’est un retrait de 30 % que l’Hexagone a connu, pour un montant investi cumulé de seulement 623 M€. Si l’on ajoute à cela qu’aucun tour de table de plus de 30 M€ n’a été signé entre janvier et juin, on prend la mesure du phénomène. Sans nul doute.

Par Franck Moulins